Colombie

Pourquoi la Colombie ? 

Le conflit colombien, dans un pays à la topographie difficile, de montagnes et de jungles, est infiniment complexe. Du professeur d’université aux leaders associatifs en passant par l’agence de coopération internationale ou les militants des droits de l’homme, le substantif « complejo – compliqué », on l’aura entendu inlassablement. 

Et le conflit il l’est, compliqué, c’est le moins qu’on puisse dire notamment en raison de sa durée, plus de 50 ans, de sa source de financement : le narco-trafic et de la multitude des protagonistes. Les guérillas des FARC, l’EPL, l’ELN, le M-19 (respectivement : marxistes, maoïste, guévariste, et nationaliste), des guérillas indigènes et afro-descendantes (dont on n’avait jamais entendu parler) se battent ou se sont battues pour des raisons à l’origine idéologiques. Les paramilitaires avec leur penchant pour l’extrême droite se sont, quant à eux, réunis sous la bannière des AUC (Autodéfenses unies de Colombie) et reconverties aujourd’hui en BACRIM (entendez Bandes criminelles émergentes). Tantôt avides de contrôler les territoires, tantôt spécialisés dans le trafic de drogues, le proxénétisme et les enlèvements notamment. 

Ici en Colombie, on ne parle pas de guerre civile mais bien de conflit armé. Nous pensions arriver dans un pays post-conflit. Il n’en est rien. Tout le monde s’accorde pour dire que bien que les violences se sont estompées, la Colombie est « post-accord de paix» ou en transition.

En 2016, un accord de paix a bel et bien été signé entre le gouvernement de Santos et les FARC (qui se sont transformés en parti politique appelé la FARC), mais les affrontements continuent dans certaines régions entre l’armée gouvernementale et les guérillas ELN, d’autres groupes paramilitaires, des BACRIM ainsi que des dissidents des FARCS.

Problématique des enfants soldats en Colombie

Quasiment tous les groupes armés ont recruté des enfants comme soldats tantôt dans les villages, tantôt dans les villes. Ils auraient été près de 18.000 à avoir été recrutés. Avec les bandes criminelles, on voit également apparaître la notion d’enfant criminalisé (informateur, dealer de drogue ou pire encore sicarios - tueurs à gage - ,… ) à considérer également comme des enfants soldats. Leur nombre n’est pas connu.                                                                                                                  
Les enfants ont « rejoint » les groupes armés pour différentes raisons : des conditions économiques difficiles, la violence domestique, le manque d’opportunités, le désir de vengeance, les menaces et le recrutement forcé.                                             

Parmi les rôles, l’on retrouve : l’accomplissement des tâches domestiques, le messager ou l’informateur, la fabrication, la pose ou la détection des mines antipersonnel, le guide ou le garde, l'esclave sexuel pour les leaders militaires, le recrutement d’autres enfants. Enfin, ils prennent les armes et sont envoyés au front et procèdent à des enlèvements.                                                                                         


En Colombie, l’âge moyen de l’enfant soldat serait estimé à 13 ans et 30 % des enfants seraient des filles. 1 enfant sur 6 est Afro-colombien ou indigène*. 

Source : Unicef

Les victimes du conflit

On vous le disait, la Colombie est un pays en transition. Jusqu’à présent, en 50 ans, le conflit a fait plus de 260.000 morts (dont 82% de civils), 45.000 disparus, près de 8 millions de déplacés internes, des milliers d’enfants soldats (près de 18.000), un nombre incalculable de veuves de guerre et d’orphelins. En outre, le deuxième pays plus miné au monde après l’Afghanistan.          
Mais ici en Colombie, on parle également du conflit silencieux, celui qui s’est superposé au conflit armé : le narco-trafic qui continue de menacer la paix. 

Notre partenaire : Corporación Proyectarte

Depuis 2010, la Corporación Proyectarte, une ONG basée à Medellín, crée des processus de transformation personnelle et sociale à partir de l’art, comme contribution à la construction de la paix et au développement humain individuel et collectif.

WAPA soutient financièrement le programme d’art-thérapie KUAKUMUN (ndlr art de renaître) développé par son partenaire local Proyectarte dans deux centres de réinsertion (CAPRE) à Cali et Medellin. 60 jeunes, – filles et garçons entre 14 et 18 ans -, accueillis au sein des CAPRE reçoivent une formation scolaire et professionnelle. Mais pas seulement. 

 

Grâce à notre partenaire, ils ont désormais la chance de compléter leur parcours scolaire et professionnel avec une formation humaine via des processus de transformation personnelle et collective.

Plus qu’un simple atelier

Ces séances de musique, danse, arts plastiques, théâtre, broderie, … sont bien plus qu’une simple distraction dans leur emploi du temps. Elles permettent de développer des compétences aussi bien personnelles que sociales :

  • mieux se connaître, retrouver sa confiance en soi, se découvrir des talents et explorer de nouvelles perspectives d’avenir au-delà du port d’armes;
  • apprendre à contrôler son agressivité, développer sa tolérance, sa patience et sa concentration;
  • panser ses blessures et aller de l’avant, apprendre à construire au lieu de déconstruire;
  • travailler en équipe, respecter les différences, entrer en relation avec les autres sans rivalité;
  • combattre sa timidité;
  • créer des amitiés; …

Ces séances sont accompagnées de sorties et d’évènements artistiques : présentation des œuvres artistiques à d’autres jeunes de la société, rencontres avec des artistes professionnels, visite d’un musée, … Ces échanges leur sont bénéfiques, leur rendent leur fierté et leur permettent d’être considérés autrement que comme des ex-enfants soldats.

 

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