rendre la dignité humaine après la guerre

Ouganda

Les quatre programmes

  1. Des soins de santé pour tous

    Deux centres médicaux (Agonga & Unyama) spécialisés en soins maternels et infantiles répondent aux besoins de la population la plus défavorisée: soins de santé généraux, vaccinations, tests en laboratoire, dépistage du HIV/Sida, consultations psycho-sociales, soins de maladies infectieuses (malaria, tuberculose,...), suivi pré & post-natal, accouchements,… 

    On a rencontré Debra 21 ans, enceinte de son premier. Alors qu’elle subissait les tests de dépistage de la malaria, Debra cherche les latrines de toute urgence. Mais le travail est engagé. La voyant très faible, l’infirmière du centre lui propose de s’asseoir sur un banc et de lui donner une bassine. Quelques minutes à peine après s’être assise, la jeune femme met au monde un garçon. Son challenge : accoucher dignement, avoir accès à un suivi pré et post natal et aux soins de santé pour elle ses enfants 

     

  2. Et si on changeait la vie d'une famille avec une vache?

    L’idée est d’offrir à une famille une vache et une formation adéquate. Grâce à la vente du lait de vache, une famille peut diversifier son alimentation, scolariser ses enfants, avoir accès aux soins de santé et même épargner !

    On a rencontré Nighty, 28 ans, bénéficiaire depuis 2012, 3 enfants, orpheline de guerre & déplacé interne. Propriétaire de 2 vaches, 1 taureau et 2 veaux. 
    Son challenge : subvenir aux besoins de sa famille en offrant le meilleur à ses enfants : alimentation diversifiée, éducation, accès aux soins de santé, épargne. Augmenter le nombre de tête de son bétail.



  3. Les micro-prêts ou la perspective d'une autonomie financière

    Des micro-prêts (entre 27 et 135 €) sont accordés aux femmes bénéficiaires afin de leur permettre de lancer une activité génératrice de revenus et d’améliorer leurs conditions de vie ainsi que celle de leur famille. La formation inclut une formation professionnelle (artisanat, agriculture,…), compétences entrepreneuriales, en leadership, en culture d’économie mais aussi des cours d’alphabétisation. 

    On a rencontré Grace, 67 ans, agricultrice, 10 enfants (dont 5 orphelins recueillis). Deux de ses enfants ont été enlevés et enrôlés par le groupe rebelle de la LRA. 
    Son challenge : subvenir aux besoins de sa grande famille : les nourrir, diversifier leur alimentation, avoir accès aux soins de santé, offrir une formation professionnelle à ses enfants et envoyer les plus jeunes à l’école. 

  4. Un avenir grâce à l'éducation

    Les enfants les plus vulnérables (enfants des ex-enfants soldats, des filles-mères et des orphelins devenus chefs de famille) sont soutenus partiellement (matériel scolaire, accès aux centres médicaux,…) ou totalement (allocations mensuelles comprenant bourses d’étude, médicaments, transports, etc.). Ces enfants, en décrochage scolaire, se réunissent également une fois par semaine (dessin, théâtre, jeux de rôle) afin de recréer un lien social. 

    On a rencontré Francis, 16 ans, 6e primaire. Orphelin de père et mère (tous deux ex-enfants soldats), il est devenu chef de famille il y a deux ans et s’occupe aujourd’hui seul de son petit frère et de sa petite sœur. Faute de revenus, sa scolarité est perpétuellement interrompue. Son challenge : nourrir sa famille, aller à l’école tous les jours et offrir la possibilité à sa fratrie d’avoir également accès à l’éducation pour un meilleur avenir.


Pourquoi l'Ouganda ?

Pour notre premier projet, nous avons décidé d’effectuer la mission en Ouganda, pays tristement célèbre pour ses nombreuses guerres civiles dont la dernière, sanglante (100 000 morts) menée, par le groupe rebelle de Joseph Kony, la LRA. Cette guerre a impliqué notamment l’enrôlement de nombreux enfants soldats (on parle de 35 000 à 60 000), mais également des déplacés (près de 2 millions), des exactions, des violences sexuelles, des mutilations, etc. En 2006, les rebelles de la LRA et le gouvernement ont signé un armistice mettant fin aux hostilités. Malgré le besoin évident de soutenir un pays ravagé par près de 20 années de guerres civiles, les grandes ONG internationales ont plié bagages. Des associations locales ont pris le relais, souvent avec beaucoup de professionnalisme. Malheureusement, les fonds sur place sont largement insuffisants et bien que l’on note un net recul de la pauvreté en Ouganda, les conditions de vie restent catastrophiques dans les provinces du nord. Pour tout vous dire, nous ne nous attendions pas à rencontrer autant de victimes de guerre durant notre mission. Certaines personnes disent qu'une personne sur quatre dans le district de Gulu est un ancien rebelle. En outre, l’Ouganda est un pays partenaire de la Direction générale de la Coopération au développement et Aide humanitaire (DGD). 

 

Vous avez dit subsidiarité ? 

L'action de WAPA est basée sur la subsidiarité, c'est-à-dire que c'est notre partenaire local qui gère ses programmes. L’idée de base est de ne pas se substituer aux compétences locales : ce qui peut être fait par la plus petite entité possible doit l’être. En d’autres termes, les acteurs qui connaissent le mieux la situation sont ceux qui la vivent au quotidien. S’ils sont capables de mettre en place des solutions, il faut leur laisser l’initiative. Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’aucun soutien n’est nécessaire. En effet, le principe de subsidiarité va de pair avec le principe de suppléance, dans notre cas : la récolte de fonds et la communication.

Notre partenaire local : Karin Community Initiatives Uganda  

Karin Community Initiatives Uganda (anciennement Childcare) a vu le jour en 2001. L’association est enregistrée en tant qu’ONG au niveau national mais travaille comme une CBO (Community-based organisation) dans le nord de l’Ouganda, plus précisément dans le district de Gulu. Cette association appelle à tous les superlatifs : engagée, professionnelle, fiable, autocritique et profondément humaine. On a eu la chance de rencontrer les bénéficiaires de ses programmes et de constater que l’action sur le terrain est bel et bien incroyable et indispensable, le personnel dévoué et les conditions de vie de leurs bénéficiaires, in fine, nettement améliorées.

Parce que ce sont des programmes initiés par des Ougandais pour des Ougandais... Parce que, mieux que quiconque, Childcare connaît les besoins de la population de sa région ravagée par près de 20 années de guerre civile, on soutient avec énormément de conviction et d'enthousiasme les quatre programmes mis sur pied. Vous le savez, la subsidiarité est pour nous fondamentale car au-delà de venir en aide aux victimes de guerre, on renforce les capacités locales.

 

=> Lire notre rapport annuel 2016

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